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Emma et le secrets des oyats.

Je regardais l’horizon, quelques blancheurs commençaient á se mêler à l’écume de la mer. Le soleil déclinant doucement semblait plonger dans un ultime voyage au plus profond du bleu de l’océan.
Rien ne pouvait empêcher cette merveilleuse union celle du jour déclinant á celle de la nuit naissante
Le vent donnait une dernière danse, embrassant avec passion les genêts, caressant avec volupté les rochers. Il semblait soulever de toute sa tendresse le sable blanc pour l’ emmener dans une ronde sensuelle .
J’embrassais ce merveilleux tableau, j’ étais la spectatrice d’une fin de journée et la naissance d’ une nuit avec toutes les promesses qu’elle pouvait faire naître.
Une à une les étoiles prenaient vie dans le folklore céleste comme des diamants brillants de milles feux.
Je n’avais aucune envie de quitter des yeux la beauté que me renvoyait l’océan, et pourtant je devais tout quitter pour me retrouver, pour me reconstruire.
Mon corps et mon âme semblaient être séparés, après tant de mois de souffrance j’avais besoin de liberté, je voulais respirer.
Jamais mon corps n’avait été aussi meurtri, meurtri d’une passion dévorante, jamais mon esprit n’avait été aussi détruit par des sentiments faux.
La nuit, ne m’apaisait pas au début, elle laissait toujours place à des fantômes, à des questions sans réponses, à un sentiment d’abandon.
Mais ce soir la nuit noire m’enveloppait de sa douceur.
Le froid et le vent, je n’en avais aucune sensation. Mes cheveux virevoltaient autour de mon visage comme essayant de balayer toute la douleur que je ressentais.
Assise sur ce rocher, je ressentais au plus profond de moi le vide, le manque, l’absence.
Il est des sentiments des gestes qu’on ne remplace pas. Il est des mots que l’ on n oublie pas des phrases qui vous martèle le cerveau à chaque instant.
Comment ai je pu en arriver la, quel était ce mal qui me rongeait.
Les larmes avaient remplacé mon sourire, mes yeux avaient perdu de leur éclats, ma force avait volé en éclat.
Loin sur l’océan, quelques lueurs dansaient au rythme des vagues, dans les abîmes de la nuit le phare émergeant des rochers gardait un œil protecteur sur les plaisanciers et autres marins.
Au loin, chantait au rythme du vent la cloche de la chapelle du village.
C était l’approche d’une nuit calme comme on les aime au pays, une nuit claire et froide, bercée par le roulis des vagues sur la plage avec pour fond de mélodie la ballade du vent.
Rien ne pouvait pourtant réchauffer mon cœur, ma vie, mon destin avait pris un chemin que je n’aurai imaginé, même dans mes plus noires pensées.
Désormais , il me fallait me battre, il me fallait reconstruire, sauver ce qui pouvait encore l’être….
Pourtant, rien ne laissait présager une vie si douloureuse.
La vie me promettait, pourtant passion, joie, amour, découvertes, et tant d’autres choses, qui nous font avancer, qui font que nous grandissons, que nous nous battons chaque jour pour nous réjouir de ce que la vie nous offre.
Ces petits rien qui nous font sourire, qui nous font oublier les moments difficiles.
Le bonheur est un long chemin fragile à parcourir, qu’il faut sans cesse alimenter, nourrir de nos envies et besoins.
Il est présent en chacun de nous, mais certains personnes ont plus de facilité à le laisser s’exprimer.
D’autres se contentent de petits bonheurs, de petites attentions, de petits mots à la place de grandes phrases, de petits riens sincères à la place de grands présents faux, de fleurs des champs à la place de bouquets impersonnels.
Je suis de ces personnes là, j’ aime les choses simples claires vraies.
J’aime accorder du temps pour l’autre, j’aime écouter.
Ma confiance se gagne grâce à la sincérité des mots. J’aime les personnes battantes, qui suivent ce que leur instinct leur insuffle,
en chaque difficulté, deviennent plus fortes en ne gardant que le positif, oubliant les déceptions les colères les rancoeurs.
Même si parfois je me sentais fatiguée de montrer que je pouvais tout porter sur mes épaules, que j’étais invincible, j’avais parfois l’impression qu’on me jugeait comme un être insensible, que rien ne touche alors qu’au contraire ma sensibilité me transpirait la peau.
Mais cette image que je renvoyais aux autres, ne m’incarnait pas totalement, cela n’était ni plus ni moins qu’une carapace, une protection que j’avais érigée autour de moi.
Depuis ma plus tendre enfance, on m’a appris à ne pas évoquer ses sentiments, peu de temps aux ressentis, aux chagrins, aux émotions, à la tristesse, aux injustices , aux peines, aux plaisirs.
Une famille présente mais peu ou pas communicante, une génération qui n’a pas pris l’habitude de se confier à l’autre, donc rien d’anormal à reproduire cela…
Faire preuve de courage et de forces, se montrer toujours heureux et satisfait, se contenter du peu et ne pas exprimer ses envies ou désirs, être tolérante et juste sans se poser de questions, écouter les conseils des autres et les appliquer.
Je sais qu’en chaque être, existe un passé rempli de bonnes mais aussi de mauvaises choses qui parfois on ne sait pourquoi remontent à la surface, se mêlant ainsi à nos douleurs et questionnement d’adulte.
Voila on y était à ce moment où les souffrances de l’enfance de l’adolescence viennent inonder et se mêler à celles de notre vie d’adulte.
Déstabilisant, éprouvant, chamboulant toutes les perceptions lucides.
Je ne ressentais aucune colère, seulement un profond sentiment de trahison.
Ce soir là, assise sur les rochers, les questions du pourquoi mais aussi du comment restées sans réponse se bousculaient dans mon esprit.

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